• Obligatoire à partir de juillet 2026
• Pour garantir une meilleure transparence
• Et élargir davantage l’assiette fiscale
En 2017, le Burkina Faso s’engageait dans une dynamique de réformes fiscales, avec l’introduction de la facture normalisée avec sticker. Cela avait permis de poser les premières pierres de la traçabilité et de la discipline fiscale. Mais, « face à l’évolution rapide des technologies, aux exigences accrues de célérité, de fiabilité et de transparence, ainsi qu’aux standards des économies modernes, le dispositif de facturation physique, matérialisé par le sticker, a progressivement montré ses limites », constate la Directrice générale des Impôts, Eliane Djiguemdé. Pour y remédier, le pays des Hommes intègres vient de se doter d’un nouveau système de facturation : la Facture électronique certifiée (FEC), officiellement lancée le 6 janvier 2026, à Ouagadougou.

La FEC est un document commercial émis, transmis et conservé sous forme dématérialisée. L’intégrité et l’authenticité de ce document sont garanties par des systèmes de facturation certifiés, intégrant, notamment, une signature électronique ou un code de sécurité unique. L’objectif d’un tel système de facturation est d’assainir les transactions commerciales et de renforcer la lutte contre la fraude fiscale, notamment la fraude à la TVM.
Le nouveau système de facturation est présenté comme avantageux à divers niveaux. Pour les entreprises, la FEC permet une simplification des obligations de facturation ; réduit des coûts liés à l’impression et au stockage ; garantit une meilleure sécurisation des relations commerciales et facilite les contrôles fiscaux, désormais plus rapides et moins intrusifs.
Pour les consommateurs, ce système moderne permet une meilleure protection des droits, une transparence accrue et une confiance renforcée dans les échanges commerciaux. Tout cela fait dire à la Directrice générale des Impôts que la réforme, loin d’être une contrainte supplémentaire, constitue, au contraire, « une opportunité majeure pour l’assainissement du climat des affaires et l’instauration d’une concurrence saine, équitable et transparente ».
Selon la DGI, plusieurs étapes suivront le lancement de la FEC, avant la mise en obligation de l’utilisation du système en juillet 2026. En effet, il est prévu une campagne de communication à l’endroit des organisations professionnelles, l’homologation des logiciels de facturation des éditeurs, la formation et la sensibilisation des entreprises.
Afin de garantir une transition inclusive et adaptée à tous les profils de contribuables, la DGI a mis en place des solutions techniques diversifiées, reposant sur des Unités de facturation (UF) ; et des Modules de contrôle de facturation (MCF) qui sont interconnectés aux logiciels de facturation homologués. Selon la DG des Impôts, l’acquisition et la mise à disposition de ces solutions se font avec l’appui déterminant de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), partenaire stratégique de l’administration fiscale, ainsi que les services techniques de l’administration fiscale déployés sur l’ensemble du territoire national.
Selon la patronne de l’administration fiscale, la FEC est une réforme nécessaire, opportune et irréversible, qui traduit la volonté affirmée des plus hautes autorités burkinabè de « bâtir un État moderne, performant et résolument engagé dans la bonne gouvernance, la transparence et la souveraineté économique ».
Pour Eliane Djiguemdé, la réussite de cette réforme dépend d’une adhésion collective et responsable de l’ensemble des acteurs : administrations publiques, opérateurs économiques, éditeurs de solutions et citoyens ». En d’autres termes, la FEC est, selon le ministre de l’Economie et des fFinances, « une lumière braquée sur l’activité économique, un rempart moderne contre la fraude et un levier puissant pour optimiser le recouvrement des recettes de l’État ». La réforme intervient dans un contexte de défis sécuritaires et économiques majeurs pour le Burkina Faso. Dans ce contexte, « chaque ressource mobilisée honnêtement renforce la capacité de l’État à agir, à protéger et à investir », a indiqué le ministre de l’Economie et des Finances. « Les recettes propres ne sont pas de simples lignes budgétaires ; elles sont le socle de notre souveraineté économique et financière, la condition d’un Burkina Faso debout, maître de ses choix et capable de transformer ses potentialités en prospérité partagée », a ajouté le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, qui a présidé la cérémonie de lancement de la FEC.
Pour une mise en œuvre réussie de la FEC, l’administration fiscale compte sur un engagement collectif des parties prenantes. A ce propos, le président de la Délégation spéciale consulaire de la Chambre de commerce du Burkina a tenu à rassurer. « La CCI-BF s’emploiera à mettre en œuvre une étroite collaboration entre la DGI et les opérateurs privés, à dérouler des programmes de formation adaptés et certifiés à chaque catégorie d’entreprises et d’artisan, à assurer une assistance technique et un accompagnement opérationnel continue, afin de permettre une bonne transition, … », a promis Roland Sow.
B.K
Pour une assiette fiscale davantage élargie
Au 31 décembre 2025, un niveau de recouvrement supérieur à 100 %. En effet, sur 1.574 milliards FCFA attendus, 1.578 milliards ont été mobilisés, soit un taux de 100,23%. Pour le ministre de l’Economie, la Facture électronique certifiée vient renforcer cette dynamique d’élargissement de l’assiette fiscale. Pour lui, la FEC est un levier de performance qui participe à l’édification d’un Burkina Faso souverain.



