
• Pour soigner près de 9 millions de femmes enceintes
• Prendre en charge près de 800.000 élèves aux examens scolaires
• Un financement de la Banque mondiale (IDA)
Au 31 décembre 2025, 8.200.000 femmes enceintes vont bénéficier des consultations gratuites, les enfants de moins de 5 ans vont bénéficier des consultations gratuites, 96 % des enfants vont bénéficier d’une couverture vaccinale pentavalent, 96 % des élèves vont bénéficier des examens annuels et 96 % des enseignants vont être certifiés au profit des populations burkinabè. Voilà à quoi devra servir le prêt de 60.807.213.900 FCFA (soit 92.700.000 euros) obtenu par le gouvernement burkinabè de la part de l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale (BM), pour le financement du Projet de protection du capital humain (PPCH).
Le financement, signé le 26 septembre 2024 entre le Burkina Faso et la Banque mondiale, a fait l’objet de ratification du projet de la loi portant l’accord de signature le 15 octobre 2024, à l’Assemblée législative de transition. Pour le ministre de l’Économie, des Finances et de la Prospective, Dr Aboubakar Nacanabo, le PPCH est un projet à valeur sociale qui facilitera la prise en charge de la gratuité sanitaire et éducative dans les zones difficiles d’accès, au regard du contexte sécuritaire, humanitaire, économique qui aggrave les conditions de vie de la population. Pour le gouvernement burkinabè, le financement va permettre de prévenir un éventuel recul des indicateurs de développement humain, pour les années 2024 et 2025. Le PPCH vise à renforcer les prestations de services sociaux essentiels, afin d’éviter la détérioration, à court et à long terme, des résultats en matière de capital humain. L’Exécutif souligne qu’en renforçant les services essentiels, le projet vise à garantir un accès équitable à la santé et à l’éducation, deux piliers fondamentaux pour le développement humain et socioéconomique du pays.
Durée du projet : un an sur l’ensemble du pays
Aux députés, le gouvernement les a rassurés sur le fait que le PPCH est un projet de rachat de dépenses déjà exécutées ou à exécuter et vise la prise en charge de lignes budgétaires dans le Budget de l’Etat, exercice 2024, et qu’il ne s’agit pas d’un projet classique. Pour le pouvoir actuel, la poursuite de la mise en œuvre des politiques dans les secteurs de la santé et de l’éducation va améliorer la qualité de l’offre de soins de santé et du système éducatif. Mieux, ils soutiennent qu’au regard de sa nature, le projet est techniquement réalisable dans le temps imparti, car, il consiste au rachat des dépenses exécutées ou à exécuter par le Budget de l’Etat. Du reste, le mécanisme de financement utilisé pour la mise en œuvre du projet permet, dès l’entrée en vigueur de l’Accord de financement, de décaisser des ressources en lien avec les dépenses éligibles, effectuées et auditées dans les secteurs de l’éducation et de la santé, à compter de janvier 2024. Le financement du PCCH se traduit en deux phases : la composante fourniture de services essentiels de santé et d’éducation dont le montant est estimé à 92.330.000 euros, soient 60.564.509.810 FCFA, et la composante gestion du projet pour un montant de 370.000 euros, soient 242.704.190 FCFA. Il est d’une durée d’un an, et sera déployé sur l’ensemble du territoire national, visant à améliorer l’accès aux soins et à l’éducation.o
Ambéternifa Crépin SOMDA
Encadré 1
Objectif du PPCH
Le projet s’inscrit dans une dynamique de se concentrer sur la gratuité des soins de santé, les programmes de vaccination, les examens scolaires et la formation des enseignants. Il s’adresse principalement aux femmes et aux enfants, prévoyant 17 millions de consultations médicales et soutenant 748.414 élèves. A terme, c’est d’améliorer les services pour les groupes vulnérables et contribuer ainsi à réduire les inégalités de genre.
Encadré 2
Comment le gouvernement compte mettre en œuvre ce
présent Projet dans les zones à forts défis sécuritaires ?
A cette question de la Commission des finances et du budget, le gouvernement a apporté une réponse : « Les actions concernant l’éducation sont, entre autres, l’organisation des examens scolaires, l’octroi de trousseaux pédagogiques aux enseignants, la formation initiale des enseignants, le suivi-encadrement pédagogique et l’organisation des conférences pédagogiques. Le ministère en charge de l’éducation dispose d’une Stratégie nationale d’éducation en situation d’urgence (SN-ESU) 2019-2024 qui a été bâtie pour atténuer les risques de catastrophes naturelles et les risques induits par l’homme, notamment, les conflits et l’insécurité, afin d’assurer la continuité éducative. De plus, le système éducatif s’oriente vers la digitalisation des ressources pédagogiques et la formation continue en ligne pour assurer la continuité éducative et minimiser les charges financières. Il faut noter que ces différentes actions sont déjà menées et seront intensifiées avec le concours du projet pour ce qui concerne la prise en charge des dépenses y relatives. Dans le secteur de la santé, les actions suivantes sont en cours de mise en œuvre dans les zones à défis sécuritaires : – poursuite du déploiement des Agents de santé à base communautaire (ASBC) ; – poursuite de l’approvisionnement des zones difficiles d’accès en intrants, médicaments, à travers la mise en place d’une convention entre la CAMEG, le ministère de la Santé et les partenaires techniques et financiers ; – délégation des tâches en santé communautaire avec les ASBC ; – contractualisation avec les ONG pour l’offre de soins dans les zones à défis sécuritaires ».
Encadré
Description des conditions et modalités du financement
Montant du crédit | 92 700 000 euros, soient 60 807 213 900 FCFA |
Taux d’intérêt | 0,0% l’an |
Commission d’engagement | ½ de 1% l’an sur le solde non décaissé |
Commission de service | 0,0% l’an sur le solde décaissé |
Date d’entrée en vigueur | 120 jours, à compter de la date de signature |
Date de clôture | 31 décembre 2025 |
Maturité | 50 ans |
Différé | 10 ans |
Source : Rapport Commission des finances et du budget (COMFIB)