A la uneSociété-Culture

Nouvelle plateforme de cotation d’Umoa-Titres: « … le marché secondaire est en train d’être règlementé » Selon Constantin Dabiré, Président-Directeur général de la Société africaine d’ingénierie et d’intermédiation financière

Expert-comptable diplômé capitalisant plus d’une vingtaine d’années d’expériences dans les domaines de l’Audit et de la finance, Docteur Constantin Dabiré a bien voulu se prêter aux questions de L’Economiste du Faso, en marge des 8es Rencontres du marché des titres publics (REMTP 2026) à Lomé, au Togo. Président-Directeur général de la Société africaine d’ingénierie et d’intermédiation financière (SA2IF) basée à Ouagadougou au Burkina Faso, Constantin Dabiré est titulaire d’une thèse de Doctorat en Finance et a publié le livre « Le partenariat public-privé comme alternative au financement des infrastructures publiques performantes : mythe ou réalité ? L’entretien a eu lieu le 27 janvier 2026.

L’Economiste du Faso : Quel intérêt la nouvelle plateforme de cotation lancée par Umoa-Titres offre pour le public ?

Docteur Constantin Dabiré, PDG de la SA2IF : Je dirai d’abord que cette plateforme de cotation rentre dans le cadre des réformes initiées par Umoa-Titres en vue de pouvoir dynamiser le Marché des titres publics (MTP) et de mettre à la disposition des acteurs de ce marché des outils de digitalisation pour faciliter les transactions sur le marché primaire et secondaire, et surtout pour permettre à Umoa-Titres d’être un acteur incontournable dans le mécanisme de financement des Etats à travers sa plateforme, à travers les adjudications du Marché monétaire au profit des Etats.

Quelles sont vos propositions pour approfondir le Marché des titres publics?

Umoa-Titres a fait de grandes réformes qui favorisent l’attractivité du Marché des titres publics (MTP). Tous les acteurs sont unanimes sur l’attractivité du MTP, parce qu’il est rentable et liquide, proposant des instruments financiers à long terme permettant aux Etats de mobiliser assez facilement des ressources pour faire face à leurs besoins d’investissement ». Umoa-Titres, depuis sa création, ne cesse de faire des efforts pour améliorer la plateforme dont elle dispose, en vue d’attirer davantage d’acteurs sur le marché.

UT Marché, la nouvelle plateforme de cotation, c’est la transparence et la sécurité. Comment comptez-vous faire en tant que SGI pour attirer davantage d’investisseurs ?

Je dirai que cette plateforme permet de bien baliser la dimension du marché secondaire qui existait déjà mais sur lequel intervenaient les acteurs en B to B. Aujourd’hui, avec cette nouvelle plateforme, je pense que le marché secondaire est en train d’être règlementé et permettrait à tous les acteurs qui voudraient acheter ou vendre des titres d’Umoa-Titres au lieu de le faire en B to B d’aller directement sur la plateforme pour pouvoir acheter ou vendre. En somme, c’est un marché qui est en train de se professionnaliser et de renforcer sa crédibilité. Je pense, par ailleurs, que l’organisation de ce marché secondaire permettrait d’encadrer les prix.

En matière d’éducation financière, comment les SGI comptent s’y prendre pour amener les populations à saisir cette opportunité qu’offre Umoa-Titres ?

L’éducation financière est, en effet, très importante pour nos populations. D’ailleurs, nous organisons déjà chaque mois, une formation au profit des acteurs du marché sur une thématique bien donnée. Après le lancement de la plateforme de cotation d’Umoa-Titres, il nous revient en tant qu’acteur du Marché d’organiser plus tard des formations au profit de nos clients pour leur expliquer comment le marché secondaire fonctionne. Ce qui suscitera à coup sûr une certaine confiance. Il nous appartient en tant qu’intermédiaire d’aller vers ces acteurs pour leur proposer les produits d’Umoa-Titres et montrer l’importance d’Umoa-Titres pour les Etats.

Justement, comment le Marché des titres publics peut être une alternative pour le financement des Etats ?

Le Marché des titres publics tel qu’il a déjà été organisé par la BCEAO est aujourd’hui un moyen pour les Etats de lever des ressources assez facilement pour faire face à leurs besoins en termes de financement. L’organisation de ce marché va donc accroître la liquidité, la flexibilité et offrir plus de mécanismes aux Etats de mobiliser assez facilement de ressources et financer leurs besoins d’investissement. Je crois que c’est l’occasion de féliciter la BCEAO et Umoa-Titres qui ne cessent de réfléchir pour moderniser le MTP qui, aujourd’hui, est un marché très attractif, très dynamique, et de référence au niveau de l’UEMOA. Un marché qui sera encore plus profond, plus liquide, plus dynamique les prochains mois.

Sur quels leviers peut-on s’appuyer pour innover davantage sur le MTP ? 

La création de la plateforme électronique est déjà une très grande innovation en soi. En quelque sorte, une révolution dans ce secteur, mais quand même il y a encore de la marge en termes d’innovation, parce que nous sommes, quoi qu’on dise, encore sur des marchés embryonnaires, comparativement aux marchés des pays développés et même asiatiques. On pourrait encore innover dans ce domaine en mettant en place un système de cotation qui va fonctionner plus ou moins 24h/24. Ce qui permettrait à tout acteur de passer un ordre de bourse. Toujours en termes d’innovation, on pourrait faire en sorte que tout ménage donne un ordre de bourse sur le primaire comme le secondaire, mais davantage sur le secondaire. Merci!o

Entretien réalisé par G V

Quid du marché secondaire ?

Le Marché des titres publics est l’unique marché régional, par adjudication, exclusivement dédié au financement des Etats membres de l’UMOA. Ses émetteurs, souverains, sollicitent, à travers des procédures adaptées, l’émission de titres publics souscrits par des acteurs spécifiques soit pour leur compte propre, soit pour celui de tiers. Il est animé par l’Agence Umoa-Titres.

Les émetteurs du Marché des titres publics sont les 8 Etats membres de l’UMOA.

Le marché secondaire, quant à lui, est le marché financier où les agents économiques peuvent acheter et vendre des actifs financiers déjà existants. C’est le lieu où les titres déjà émis sur le marché primaire sont revendus. Il s’agit donc en quelque sorte du marché de l’occasion des actions et des obligations. Grâce à lui, les acteurs financiers ont la possibilité de vendre plus facilement leurs actifs.

Supervisé par l’Agence Umoa-Titres, il permet la revente avant échéance, la formation des prix et le refinancement des acteurs. 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page