• Il s’agit du regroupement de cinq agropôles stratégiques
• Qui prend en compte l’agriculture, l’élevage, la pêche et le tourisme
• Pour un développement transversal rentable

Reprendre, créer, organiser. Ce sont là, les trois termes qui résument la nouvelle gestion des pôles agricoles au Burkina Faso, à l’issue du Conseil des ministres du 5 février 2026. En effet, pour le compte du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, trois décrets phares ont été adoptés dans ce sens.
Le premier décret est relatif à la reprise des parts privées des anciennes sociétés, Sourou-pôle et Bagré-pôle, portant leurs capitaux à 100% publics. Ces deux sociétés à économie mixte dont les privés étaient détenteurs à respectivement 10 % et 5 % des capitaux. Les deux cumulés font un taux de 15 %, ce qui représente la somme d’environ 150 millions. Cette reprise des parts privées permet de consolider le contrôle étatique.
Le deuxième décret a consacré la création de la Société Faso-Agropôle (SOFA) qui regroupe cinq agropôles stratégiques : l’Agropôle du Sourou (ancien Sourou-pôle), l’Agropôle du Nakambé (ancien Bagré-pôle), l’Agropôle de Samendéni, l’Agropôle de la Comoé et l’Agropôle du Liptako-Gourma. Ces pôles intègrent l’agriculture, l’élevage, la pêche et le tourisme, comme le centre écotouristique de Bagré et Toma-Île, pour un développement transversal rentable.
« Ces agropôles sont créées au regard des potentialités qui existent au niveau des différentes zones agropastorales de notre pays. (…) Ce sont donc des agropôles qui vont avoir une dimension transversale et qui vont prendre en compte d’autres aspects dans le cadre d’un développement agropastoral et halieutique intégré et qui vont permettre d’atteindre la souveraineté alimentaire dans notre pays », a précisé le ministre en charge de l’agriculture, le Commandant Ismaël Sombié, à l’issue du Conseil des ministres.
Dans les faits, les anciennes agropôles de Bagré et de Sourou prennent désormais le nom de l›agropôle de Sourou et l’agropôle de Nakambé. En plus de ces deux agropôles, il y a trois autres agropôles qui sont créées, respectivement l’agropôle de Samandéni, l’agropôle de la Comoé et l’agropôle du Liptako-Gourma.
Pour l’agropôle du Liptako-Gourma, par exemple, il y a des potentialités autour du fleuve Béli, qui est un affluent majeur du fleuve Niger et autour de la Sirba, auxquelles il faut ajouter les acquis déjà au niveau du barrage de Kompienga, plus d’autres zones qui peuvent être propices à des productions agricoles et à des aménagements agropastoraux très rentables pour le pays. L’agropôle du Sourou prend en compte l’ex-Sourou pôle, les potentialités autour de la vallée du Sourou, qui tourne autour de 30.000 hectares, mais également toutes les potentialités qui existent dans la zone, à savoir les terres aménageables qui sont autour du fleuve Mouhoun, mais également les zones très fertiles et très propices à des aménagements hydro-agricoles de grande capacité, telles que Banwali et d’autres zones dans la même région.
Un potentiel touristique non négligeable
Le développement de ces agropôles prendra également d’autres aspects en compte, notamment, les questions touristiques. A Samandéni, il existe un gros potentiel touristique avec un îlot qui fait autour de 7 hectares sur lequel des projets d’ampleur sur le plan touristique peuvent être menés. Des aménagements ont déjà été faits avec la contribution du ministère en charge du tourisme pour offrir aux populations un cadre idéal et faciliter l’accès aux sites touristiques aux populations. Au niveau du Sourou, il y a Toma-Île qui est un potentiel important en matière de tourisme qui peut être valorisé dans le cadre bien sûr de l’agropôle du Sourou. A Bagré, le centre écotouristique constitue déjà un pôle d’attraction touristique. Les différents parcs qui existent autour du fleuve Pendjari et qui existent dans la zone du Gourma peuvent faire l’objet de l’exploitation touristique.
Le troisième décret adopté lors du Conseil des ministres est relatif aux statuts de la SOFA. Il vise à offrir à la nouvelle société les organes de gouvernance nécessaires (Conseil d’administration, Direction générale et toutes les autres structures) pour son fonctionnement et favoriser son développement en tant que holding des agropôles au Burkina Faso.
Moumouni SIMPORE
Le Burkina Faso a adopté, en 2011, l’approche de développement basée sur les pôles de croissance, en vue de dynamiser les secteurs porteurs pour la transformation structurelle de son économie. Ainsi, l’agropôle de Bagré (BAGREPOLE_SEM) et celui du Sourou (SOUROUPOLE_SEM) ont été mis en place sous forme de Société d’économie mixte à participation publique majoritaire.
Plus d’une décennie après leur création, ces agropôles présentent des bilans mitigés, au regard des ambitions du gouvernement pour l’atteinte de la
souveraineté alimentaire de notre pays. En vue de renforcer les capacités institutionnelles et financières des agropôles, la mise en place d’une entité unique de coordination s’impose.
Source: Conseil des ministres



