• Hausse des centres d’éveil et d’éducation préscolaire
• Mise en ondes de la Radiodiffusion télévision éducative (RTE)
Dans le sillage des réformes, le secteur de l’éducation n’a pas été en reste en 2025. Le domaine de l’éducation préscolaire a reçu une attention particulière. En effet, on retiendra que c’est au cours de l’année écoulée que le département de Jacques Sosthène Dingara a enregistré une augmentation du nombre de Centres d’éveil et d’éducation préscolaire (CEEP), un secteur longtemps « abandonné par l’Etat », pour reprendre les mots du ministre de l’Education nationale. A titre illustratif, il n’y avait que 268 écoles publiques en 2024, sur 1.600 que comptait le pays, soit un pourcentage de seulement 16%.
Et en 2025, le ministère a procédé à l’ouverture de 499 écoles, soit désormais un taux de 30% de l’effectif total des CEEP. « C’est carrément un bond énorme qui a permis à beaucoup d’enfants des milieux défavorisés de pouvoir commencer l’école dans le préscolaire, avant d’arriver au primaire », se félicitait Jacques Sosthène Dingara, en octobre 2025. Pour soutenir cette réforme, un recrutement inédit de 1.000 éducateurs de la petite enfance sur concours direct a été organisé, en plus de 300 autres à travers un recrutement spécial.
2025 a également été marquée par l’implémentation ou la consolidation de bien d’autres réformes. Parmi lesquelles, l’éducation civique, l’introduction de l’anglais aux classes de CE2, après une expérimentation de cette nouvelle matière en classe de CE1, et l’initiation aux métiers et des technologies de l’information et de la communication, ainsi que la prise en compte des savoirs endogènes dans les manuels. A cela s’ajoute la cantine endogène, un concept qui consiste à faire en sorte que la collectivité nourrisse l’école. Dans ce concept, chaque école possède son jardin scolaire, intègre la pratique de l’élevage pour pouvoir se nourrir. En termes de performances du système éducatif, 2025 a été marqué par des indicateurs au vert, avec des taux de succès remarquables aux différents examens : 89,68% au CEP ; 48,23% au BEPC et 56,61% au Baccalauréat. Le département de l’Education se félicitait de ces taux en hausse par rapport à la session de 2024, malgré un contexte de défis sécuritaires. Un taux qui a été justifié par un accroissement de l’offre éducative et de formation professionnelle, un renforcement des capacités institutionnelles et un soutien aux élèves en situation d’urgence.
La performance du système révélée par les examens scolaires
En matière de gestion de la vie scolaire, on retiendra la création du Conseil de l’école, en remplacement des associations de parents d’élèves, les associations des mères éducatrices et les comités de gestion des établissements scolaires. Selon le décret qui l’a institué en juillet 2025, cette structure est mise en place « sur la base des principes de participation communautaire, d’inclusion, de solidarité, de démocratie, de transparence et de bonne gouvernance ». Dans cette dynamique d’amélioration de l’offre éducative, 2025 a connu une mise en ondes de la Radiodiffusion télévision éducative (RTE), en novembre 2025. Ainsi, cette radio est passée d’une simple station de production à une radio émettrice à part entière, avec une grille de programme fournie (29 émissions éducatives, culturelles et citoyennes).
A travers l’opérationnalisation de cet outil, plusieurs objectifs sont poursuivis. Il s’agit, entre autres, d’assurer la continuité de l’apprentissage pour les élèves en rupture scolaires ou éloignés de l’école ; démocratiser l’alphabétisation et la formation technique et professionnelle en touchant les populations jeunes n’ayant pas accès aux structures classiques ; promouvoir les langues nationales. Pour le gouvernement, la RTE incarne cette volonté de faire de l’éducation un moteur du développement national.
Dans le registre social, l’année écoulée a été marquée par le reclassement d’une catégorie non moins importante des travailleurs du ministère, à savoir les titulaires du Certificat supérieur d’aptitude pédagogique (CSAPé). Une mesure sociale qui était attendue par de nombreux agents. Sur environ 40.000 agents concernés par cette régularisation, 97 % ont pu bénéficier, à la mi-décembre, d’une incidence financière dont le total s’établit à plus de 21,8 milliards FCFA. Cette opération s’inscrivait dans le cadre d’une mesure gouvernementale consistant à apurer la dette sociale du ministère. Difficile de dresser un bilan 2025 du département de l’Education nationale sans s’attarder sur la mesure de l’Immersion patriotique à laquelle ont été soumis les nouveaux bacheliers.
En effet, des camps d’immersion qui se sont déroulés à travers le pays ont permis d’inculquer des valeurs de civisme, de patriotisme, d’intégrité et de solidarité aux jeunes diplômés. Cette mesure inédite constituait une phase pilote, puisqu’elle devrait s’étendre aux lauréats du BEPC en 2026.o
Béranger KABRE (Collaborateur)
Poursuivre les réformes jusqu’en 2030
Après cette année de réformes, le ministère de l’Education nationale ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le ton avait déjà été donné, lors du dernier Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM), en décembre dernier. En effet, ce Conseil a été consacré à la mise en route de 11 chantiers majeurs à exécuter d’ici à 2030. Les 11 chantiers majeurs touchent l’accès au Préscolaire, l’équité et l’inclusion, la résilience, aux valeurs endogènes, à l’autosuffisance alimentaire endogène durable et aux compétences pratiques pour les sortants du système. Sans oublier la valorisation du métier d’enseignant, les langues nationales, les TIC dans l’enseignement, l’identification des élèves, l’accès à une seconde chance pour les enfants hors école.


