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Crédit bancaire au Faso : plus de 2.400 milliards FCFA distribués sur un an

  • Le coût moyen du crédit a baissé en 2025
  • Mais reste élevé pour les emprunteurs particuliers
  • Selon le rapport sur les conditions de banque dans l’UEMOA

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a publié, le 25 septembre 2026, le rapport annuel 2025 sur les conditions de banque dans l’UEMOA. Il s’agit d’un document statistique qui permet de suivre l’évolution des conditions auxquelles les banques accordent des crédits et rémunèrent les dépôts de leur clientèle. La BCEAO indique que cette collecte est réalisée mensuellement auprès des banques installées dans les huit pays de l’Union, avant une agrégation des données aux niveaux national et régional. Les statistiques sont ensuite présentées sous plusieurs angles : nature du client, objet du crédit, durée des concours, nature des dépôts, maturité et type de déposant.

2.418,6 milliards FCFA de crédits en un an

Pour le Burkina Faso, les données de l’année 2025 livrent une cartographie des conditions du système bancaire. Petite nuance relevée par la Banque centrale, ces conditions ne constituent pas une grille tarifaire imposée à chaque banque. Les taux publiés sont des moyennes calculées à partir des opérations recensées par la BCEAO.

Dans ce document, on note qu’au Faso, les banques ont mis en place 2.418,6 milliards FCFA de crédits au cours de 2025. Durant cette année, le crédit bancaire n’a pas eu le même coût pour tout le monde. Le rapport 2025 sur les conditions de banque dans l’UEMOA, publié par la BCEAO, dévoile qu’au Burkina, particuliers, entreprises individuelles et sociétés privées n’ont pas payé exactement le même prix pour leurs emprunts.

Le taux d’intérêt débiteur moyen, c’est-à-dire le taux moyen appliqué aux crédits accordés par les banques, s’est établi à 7,65 % en 2025, contre 7,71 % en 2024.

Si en général, le coût moyen du crédit a baissé, ce repli n’a pas été ressenti par tous les clients des systèmes bancaires. On retient donc que pour un particulier dont le coût moyen a augmenté de 0,27 point de pourcentage, le taux débiteur moyen ressort à 8,24 % en 2025, contre 7,97 % un an plus tôt.

La différence est encore plus palpable selon le type de crédit demandé. Ainsi, le crédit à la consommation affiche un taux moyen de 7,94 %, le crédit d’équipement 7,93 % et le crédit immobilier 8,22 %. Le crédit de trésorerie, quant à lui, ressort à 7,75 %. Et pour les particuliers, le taux moyen ressort à 8,24 %.

Pour les entreprises individuelles, il atteint 8,80 %, tandis que les entreprises privées du secteur productif bénéficient d’un taux moyen de 7,64 %. Une différence particulièrement visible entre l’entreprise individuelle et la société privée : 1,16 point de pourcentage sépare les deux taux moyens. À l’autre extrémité, les administrations publiques affichent un taux moyen de 6,83 %.

Ces différences de taux sont plus prononcées sur les montants effectivement distribués. Selon le tableau des crédits mis en place au Burkina Faso, les banques ont accordé 2.418,6 milliards FCFA de crédits en 2025, contre 2.413,8 milliards en 2024, soit une progression limitée à 0,2 %.

Les entreprises privées du secteur productif arrivent largement en tête avec 1.348,9 milliards FCFA. Les Sociétés d’État et EPIC représentent 302,2 milliards, les particuliers 340,2 milliards et les entreprises individuelles 124,2 milliards FCFA.

Le taux moyen n’est pas seulement différent selon le profil du client. Il varie également selon la destination du financement.

Au Burkina Faso, le taux moyen ressort à 7,94 % pour les crédits à la consommation, 7,93 % pour les crédits d’équipement, 8,22 % pour les crédits immobiliers et 7,75 % pour les crédits de trésorerie. L’immobilier apparaît ainsi comme l’un des financements les plus coûteux parmi les grandes catégories recensées dans le tableau, avec un taux moyen supérieur à celui de la consommation et de la trésorerie.

L’autre côté de la banque : ceux qui épargnent

Le rapport ne s’intéresse pas uniquement aux emprunteurs. Il mesure également les conditions proposées aux clients qui déposent leur argent. Au Burkina Faso, les montants déposés à l’occasion de nouvelles ouvertures de comptes et de renouvellements de dépôts à terme ont atteint 2.816,8 milliards FCFA en 2025, contre 1.136,6 milliards en 2024, soit une progression de 147,8 % sur un an.

Les particuliers représentent une part très importante de ces nouveaux dépôts, avec 2.296,8 milliards FCFA. Les entreprises privées du secteur productif comptent pour 161,6 milliards et les entreprises individuelles pour 13,8 milliards. La quasi-totalité des montants recensés correspond à des dépôts à terme : 2.816,3 milliards FCFA.

En contrepartie de l’argent confié aux banques, les déposants perçoivent une rémunération. Au Burkina Faso, le taux créditeur moyen des dépôts à terme est passé de 5,11 % en 2024 à 5,62 % en 2025.

Pour les particuliers, le taux moyen ressort à 5,56 %. Pour les entreprises privées du secteur productif, il s’établit à 5,37 %, contre 5,34 % pour les entreprises individuelles.

Le mouvement est donc différent de celui observé sur les crédits : alors que le taux débiteur moyen au Burkina a légèrement diminué en 2025, le taux créditeur moyen des dépôts à terme a augmenté.

A noter que dans l’ensemble de l’UEMOA, le taux débiteur moyen s’est établi à 6,69 % en 2025, en baisse de 7 points de base par rapport à 2024. En matière de crédits, l’UEMOA totalise 19.452,2 milliards FCFA en 2025, en hausse de 6 %, contre 2.418,6 milliards.

Du côté des dépôts à terme, l’ensemble de l’Union atteint 12.178,1 milliards FCFA, en hausse de 13,9 %.

NK

Ce que le rapport dit au client au Faso

• Crédit

Crédit total mis en place : 2.418,6 milliards FCFA

Taux débiteur moyen : 7,65 %

Particuliers : 8,24 %

Entreprises individuelles : 8,80 %

Entreprises privées productives : 7,64 %

 • Destination

Trésorerie : 916,4 milliards FCFA

Équipement : 481,9 milliards

Consommation : 284 milliards

Immobilier : 124 milliards

 • Épargne

Nouveaux dépôts à terme : 2.816,8 milliards FCFA

Progression annuelle : +147,8 %

Taux créditeur moyen : 5,62 %

Dépôts des particuliers : 2.296,8 milliards

Source : BCEAO, Rapport annuel sur les conditions de banque dans l’UEMOA – 2025, annexe Burkina Faso.

 

Statistiques sur le crédit

Indicateur 2025BurkinaUEMOA
Taux débiteur moyen7,65 %6,69 %
Crédits mis en place2 418,6 Mds19 452,2 Mds
Évolution des crédits+0,2 %+6 %
Nouveaux dépôts2 816,8 Mds12 782,4 Mds
Évolution des nouveaux dépôts+147,8 %+7 %
Taux créditeur moyen5,62 %5,44 %

 

Client / usageTaux moyen 2025
Entreprises non financières7,59 %
Entreprises privées7,64 %
Particuliers8,32 %
Entreprises individuelles8,80 %
Administrations publiques6,83 %
Crédit à la consommation7,94 %
Crédit d’équipement7,93 %
Crédit immobilier8,22 %
Crédit de trésorerie7,75 %

 

 

Activité bancaire et marché monétaire de l’UEMOA

TABLEAU

L’activité du système bancaire de l’Union a, en 2025, été marquée par une amélioration de la qualité du portefeuille des assujettis et un renforcement en volume. En effet, le taux de dégradation brut du portefeuille est passé de 9,3% en 2024 à 9,1% en 2025, soit un allègement de 0,2 point de base. Les emplois du système bancaire sont passés de 64.381,3 milliards à fin décembre 2024 à 70.157,6 milliards à fin décembre 2025, soit un renforcement de 9%.

Cette évolution résulte de celle des crédits à la clientèle (+1.956,8 milliards ou +5,3%) et des titres de placement (+3.266,9 milliards ou +14,5%). S’agissant des ressources bancaires, elles se sont accrues de 16,5%, pour s’établir à 67.459,9 milliards à fin décembre 2025, sous l’effet de la progression simultanée des dépôts et emprunts (+7.148,8 milliards, soit +16,0%), des autres ressources (+623,4 milliards, soit +15,2%) et des fonds propres nets (+880,5 milliards, soit +12,7 %).

Sur le marché monétaire, la BCEAO a poursuivi les adjudications à taux variables sur ses principaux guichets de refinancement (hebdomadaire et mensuel). Concernant le guichet hebdomadaire des appels d’offres, le montant injecté est fixé à 8.050 milliards en fin décembre 2025, contre 8.075 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 0,3%. En revanche, le montant moyen des injections hebdomadaires de liquidités en 2025 est ressorti à 7.787,3 milliards, en hausse de 290,3 milliards par rapport à son niveau de 2024. Le taux d’intérêt moyen annuel sur le guichet hebdomadaire est ressorti à 4,75% en 2025, contre 5,50% en 2024.

Sur le marché interbancaire de l’Union, une augmentation du montant global des transactions a été constatée. Le volume moyen des transactions, toutes maturités confondues, s’est élevé à 841 milliards en 2025, contre 748 milliards en 2024, soit une progression de 12,4%. S’agissant du taux d’intérêt moyen pondéré sur le compartiment à une semaine, il a enregistré une baisse, passant de 6,03% en 2024 à 5,32% en 2025.

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