• Siriki Ky, Christophe Sawadogo, Nyaba Ouédraogo et Abou Traoré
• Exposent leurs arts au public
• Jusqu’au 18 octobre 2026

L’art et ses relations avec la société est au cœur d’une exposition vernissage au Musée national. Initiée par quatre artistes (Siriki Ky, Christophe Sawadogo, Nyaba Ouédraogo et Abou Traoré), en partenariat avec le Musée, l’exposition offre au public des œuvres artistiques réalisées dans différents types mais avec le même thème portant sur la « Rupture ».
Qu’est-ce qui ne va pas dans la société ? Qu’est-ce que nous devons laisser tomber ? Qu’est-ce que nous devons continuer ? Qu’avons-nous abandonné et que devons-nous reprendre ? Ce sont autant de questions auxquelles les artistes invitent les Burkinabè à travers leurs œuvres. « La thématique de la rupture nous interpelle particulièrement à travers les œuvres présentées. Ces artistes nous invitent à repenser nos façons de voir et, comme ils l’ont souligné, lors du panel, à nous questionner nous-mêmes à travers le regard que nous portons sur leurs créations », a indiqué Sabari Christian Dao, Directeur général du Musée national.
Une rupture avec les pratiques rétrogrades pour une société meilleure

Les artisans, à travers leurs œuvres, prônent la rupture. La thématique va en droite ligne des ambitions du gouvernement actuel qui encourage le changement de comportement, au regard des enjeux de l’heure. « A travers cette thématique, ils proposent une manière de questionner le monde et de se projeter vers l’avenir, en lien avec les réalités que nous vivons actuellement », a indiqué Alassane Waongo, président du Comité d’administration du Musée, par ailleurs représentant du ministre en charge de la culture à la cérémonie.

Il est question de rupture mais laquelle ? En peinture, par exemple, selon Christophe Sawadogo, artiste peintre, il s’agit de l’isolement pendant ses moments de création. « Pour ma part, j’ai expliqué qu’en travaillant parfois de manière isolée dans mon atelier, loin du tumulte et des bruits de la ville, je me retrouve dans une forme de rupture avec le monde qui m’entoure », a-t-il expliqué.
Pour sa part, Nyaba Ouédraogo, artiste photographe, la rupture prônée est celle d’avec les anciens outils de la photographie et des pratiques anciennes du métier de photographe. « La photographie ne se résume plus à un simple « clic-clac ». Il existe aujourd’hui différentes techniques et possibilités de création. On peut, notamment, avoir recours au codage, au montage et à d’autres procédés qui montrent l’évolution de cette discipline. Nous ne sommes plus à l’époque où l’on se contentait de photographier simplement une chose. Aujourd’hui, la photographie implique une véritable réflexion et une analyse », a expliqué M. Ouédraogo. Le thème de l’exposition se conçoit aussi, en plus des plans politique, économique et social, sous celle esthétique.

Cependant, on retient que cette rupture ne saurait être totale et définitive, puisque l’artiste a toujours besoin de se ressourcer dans sa société pour ses créations. « Il y a donc une rupture, mais une rupture qui s’accompagne également d’un retour à la réalité. L’artiste peut prendre de la distance par rapport au monde, mais il doit aussi y revenir pour nourrir sa création », a précisé Christophe Sawadogo. Jusqu’au 18 octobre 2026, l’exposition reste ouverte au public et aux amoureux de l’art.
Jacques Théodore BALIMA (Collaborateur)
Le Musée national en chiffres
Fréquentation et statistiques
-44.732 visiteurs enregistrés en 2024, soit une hausse de fréquentation de 160 % par rapport aux années précédentes.
-100.000e visiteur accueilli de la période en décembre 2025.
-11.000 visites par an : c’était la moyenne de fréquentation annuelle avant les crises sécuritaires et sanitaires.
Collections et patrimoine
-14.000 pièces composent le patrimoine global du Musée (vestiges archéologiques, bijoux anciens, masques Bobo, statues Lobi et Sénoufo, instruments de musique traditionnels).
-12.272 objets officiellement inventoriés dans les registres du Musée.




