Crimes économiques: plus de 22 milliards FCFA recouvrés en 2025

• AJE : environ 17 milliards FCFA encaissés en 2025
• ANAGRASC : 5,5 milliards FCFA saisis en un an de fonctionnement
• L’État frappe désormais à la poche des corrompus
Plus de 22 milliards FCFA ont été recouvrés à la date du 31 décembre 2025 auprès des détourneurs des biens mal acquis au détriment du bien-être des populations. Cette prouesse est à mettre à l’actif de l’Agence judiciaire de l’Etat (AJE) et de l’Agence nationale de gestion et de recouvrement des avoirs saisis ou confisqués (ANAGRASC). Ces deux structures administratives constituent le rempart de l’Etat dans la lutte contre l’impunité et l’enrichissement illicite. Désormais, l’Etat burkinabè a trouvé la “formule magique” de frapper à la poche des corrompus, de saisir ou confisquer (numéraires, immobiliers, biens roulants…) dans le cadre de procédures pénales visant la criminalité économique et financière.
Décision de Justice en 2025 : l’AJE a récupéré 10 milliards FCFA
Pour ce qui est de l’AJE, c’est environ 17 milliards FCFA qui ont été recouvrés en 2025, a mentionné le Magistrat Karfa Gnanou. Cette révélation a été faite le dimanche 8 mars 2025, sur les antennes de la télévision BF1, dans l’émission 7Infos. En 2025, l’AJE a été sans répit sur tous ceux qui doivent de l’argent à l’Etat et refusent de s’exécuter et ceux que la Justice a condamnés à des peines pécuniaires ou sur les biens et les avoirs saisis. L’AJE Karfa Gnanou a martelé que le montant de 17 milliards FCFA était réparti de la façon suivante : recouvrement sur les créances contentieuses d’un montant estimé à 3 milliards FCFA en 2025, les démembrements de l’Etat tels que les EPE, les collectivités territoriales et les autres entités qui ont une personnalité juridique distincte de celle de l’Etat ont aussi des créances qui sont rétrocédées à l’AJE pour les besoins de recouvrements d’un montant de 4 milliards FCFA. Sur l’exécution des décisions de Justice favorables à l’Etat, c’est un montant de 10 milliards FCFA qui a été reversé dans les caisses du Trésor public. Ce dernier volet concerne aussi les décisions rendues par la Cour des comptes dans le cadre des jugements des comptables publics. Karfa Gnanou a rappelé que l’Etat permet à l’AJE de procéder à la saisie des biens et avoirs qui sont reconvertis en numéraires au profit des caisses de l’Etat. Pour saisir ces biens acquis illicitement, l’AJE met en branle la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM) pour procéder à la saisie des moyens roulants (exemple : véhicules) et le Guichet du foncier unique pour l’ensemble du patrimoine de la personne condamnée.
Immeubles, véhicules, or et des numéraires saisis par l’ANAGRASC
A la suite de l’AJE, l’ANAGRASC a, à un an d’exercice, permis au Trésor public de récupérer la somme de 5,5 milliards en 2025. Cette somme a été encaissée sur les biens gelés, saisis ou confisqués dans le cadre de procédures pénales visant la criminalité économique et financière. La Direction de la communication et des relations publiques (DCRP) du ministère de la Justice a rendu compte du bilan d’activités en fin d’année de l’ANAGRASC le 3 mars 2026. Du bilan fait, il ressort qu’au terme de sa première année de fonctionnement, l’ANAGRASC a déclaré avoir constaté environ 5,5 milliards FCFA de biens et avoirs saisis, comprenant, entre autres, des immeubles, des véhicules, de l’or et des numéraires.
L’AJE va contraindre les créanciers de l’Etat à s’exécuter
Tous ceux (personnes physiques ou morales) qui doivent à l’Etat de l’argent non encore reversé et ce, quel que soit le motif, verront bientôt devant leur porte le gendarme financier de l’Etat qu’est l’Agence judiciaire de l’Etat (AJE). Et pour cause, à en croire le Magistrat Karfa Gnanou, à la date du 31 décembre 2025, il y a beaucoup d’argent de l’Etat qui n’a pas encore été recouvré.
Il a fait cette révélation toujours dans l’émission 7Infos du dimanche 8 mars 2025. Il a évalué ces créances à plus de 1.000 milliards FCFA répartis de la façon suivante : les créances issues des décisions de Justice dont le portefeuille est d’environ 4,5 milliards FCFA en fin 2025 et les créances contentieuses (les chèques sans provisions et les restes à recouvrer (RAR) fournies par la Direction générale des Impôts (DGI) d’un montant d’environ 600 milliards FCFA. L’AJE a ajouté qu’un montant de 500 milliards FCFA se révélait être des créances difficilement recouvrables, toutefois, il a tenu à préciser que l’AJE est en train de travailler dessus avec la hiérarchie pour trouver une solution viable. Du reste, l’Exécutif burkinabè avait confirmé ces montants auprès des membres de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée législative de transition (ALT) dont le rapport a été rendu public le 30 décembre 2025. A la date du 31 décembre 2025, il a été recensé par la DGI au titre des RAR, un montant de 1.082,34 milliards FCFA.
Ambéternifa Crépin SOMDA
-L’ANAGRASC a pour missions principales de gérer et disposer des biens gelés, saisis ou confisqués dans le cadre de procédures pénales visant la criminalité économique et financière.
-L’AJE est l’institution administrative qui a pour vocation de défendre les intérêts de l’Etat auprès des différentes juridictions, et surtout par des actions judiciaires, récupérer les biens numéraires et natures volés ou confisqués auprès des personnes condamnées à des peines pécuniaires par la Justice.o



