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Epargne et investissement au Faso / « On vit tous au-dessus de nos moyens », Dixit Christophe Yaméogo, Coordinateur général

Les 6 et 7 février 2026, Ouagadougou a vibré au rythme de la troisième édition de la Semaine nationale de l’épargne et de l’investissement (SEI). Une initiative du cabinet de conseil en éducation financière, investissement et gestion du patrimoine, FIM Legacy. Autour de la thématique de l’épargne et de la transmission du patrimoine, l’évènement a permis d’explorer des pistes de solutions à des préoccupations actuelles : construire son patrimoine à partir d’un revenu modeste ; transmettre son patrimoine de son vivant en continuant de bénéficier de ses biens ; la manière et le moment de construire sa maison…

Autant de réflexions menées mais pas que, ce rendez-vous fut également celui du partage d’expériences, de rencontres B2B, de promotion des solutions d’épargnes et d’investissement, etc. Directeur de FIM Legacy et Coordinateur général de la SEI, Christophe Yaméogo a accordé un entretien à L’Economiste du Faso, le 18 février dernier. Dans cet entretien, il revient sur l’évènement, ses objectifs, les enseignements tirés, non sans dresser un bilan d’ensemble des trois éditions, avec comme plus grande satisfaction, la résilience de l’évènement face à des défis liés à son organisation.

 L’Economiste du Faso : Dans quel contexte est née la Semaine de l’épargne et de l’investissement (SEI) ?

Christophe Yaméogo (Directeur de FIM Legacy et Coordinateur général de la SEI) : L’idée de la Semaine de l’épargne est partie d’abord d’une expérience personnelle. Tous et chacun, on n’a pas eu vraiment quelqu’un pour nous enseigner les bonnes pratiques en matière de gestion d’argent. Et des erreurs, j’en ai commis et cela m’a coûté énormément dans ma vie. Dans ma quête de solution, je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul à être confronté à ce genre de situation. Malheureusement, on reste très souvent dans cette quête jusqu’à la retraite sans trouver la solution, parce que soit on n’a pas eu les bonnes informations, soit on a été induit en erreur ou encore on a fait preuve de malchance. Vu que la recherche de la solution était difficile, parce que je ne savais pas où aller, je me suis dit qu’il est peut-être intéressant de mettre en place quelque chose où on peut vulgariser ce constat, que les gens puissent savoir que c’est un problème qui a une solution et qu’il y a des experts capables de leur apporter de l’aide.La gestion des finances personnelles, c’est une discipline qui s’enseigne. Et ça, c’est quelque chose qu’on ignore ;parce que de base, dans nos sociétés, l’argent, c’est un tabou.Les gens ont honte de partager leurs défis et le pire est que quand ça marche, ils ne veulent pas partager leurs solutions.

  • Quels sont les objectifs poursuivis à travers l’organisation de cet évènement ?

L’objectif de la SEI, c’est de vulgariser les connaissances et les compétences liées à la gestion des finances personnelles. Par ce truchement-là, on touche tous les types de cibles que sont les salariés, les artisans, les commerçants, les professions libérales, les entrepreneurs, et même les personnes à la retraite.Dans cette approche, il y a une notion qui touche ces personnes qui ont fait une belle carrière, qui essaient de profiter au mieux de leur retraite etqui, à un moment donné, doivent aussi transmettre ce qu’ils ont comme patrimoine. Pour nous, il s’agit donc de vulgariser les bonnes pratiques, les bonnes informations et rendre accessibles les connaissances et la compétence en matière de gestion, d’investissement, de protection et de transmission de son patrimoine. Comme je le dis souvent, il s’agit de désactiver le pilotage automatique financier. Cela s’entend ne plus dépenser de manière automatique, mais de manière consciente et intentionnelle. Savoir pourquoi on fait telle dépense, si elle est utile ou pas.Et ça, tant qu’on n’a pas attiré votre attention, vous n’avez souvent même pas idée de ce que vous faites avec votre argent.

 Quel est l’état des lieux de l’épargne et de l’investissement au Burkina Faso ?

Selon son Coordinateur général, la SEI vise à vulgariser les connaissances et les compétences liées à la gestion des finances personnelles. (Ph. Yvan Sama)

Je vais me baser sur une chose. Culturellement et selon le constat qu’on fait, on rencontre deux types de personnes : des gens qui arrivent à épargner, qui ont cette discipline, et nous avons ceux qui n’arrivent pas du tout à le faire parce qu’ils estiment que ce qu’ils gagnent n’est pas suffisant.

En général, ceux qui arrivent à épargner ne savent pas quoi faire de leur épargne et comment l’exploiter au mieux pour que ça puisse être à leur avantage. Et la plupart n’ont pas de compte, ni en banque ni dans les SFD.Je prends à témoin le taux de bancarisation qui n’est que de 30%. Il est vrai qu’aujourd’hui, grâce au mobile money, l’inclusion financière s’est accélérée. Ses solutions de transfert portent également des solutions d’épargne qui font que les gens, comme dans des coffres, sont capables de mettre de l’argent et de bloquer. Sauf que ce ne sont pas des comptes qui sont rémunérés. Généralement,cet argent qu’on épargne est destiné à financer des biens de consommation, donc un retour à la case départ. Parce que si vous épargnez pour financer un bien de consommation, c’est comme si vous reportiez une dépense plus tard, d’autant plus que ça ne va pas vous rapporter grand-chose.

Pour le cas de ceux qui ont des difficultés à épargner, il faut dire qu’ils ont des défis dans la gestion financière. Aujourd’hui, on a la preuve que ce n’est pas le montant que vous gagnez qui est le problème, c’est plutôt comment vous le gérez. Et souvent, on s’enferme dans des illusions en pensant qu’on ne peut pas s’en sortir. Mais en réalité, on n’a jamais regardé de près les choses pour trouver des solutions là où il semblait ne pas y avoir. Voilà toute l’importance de se faire accompagner par des professionnels. Et c’est pour cet exercice-là que nous avons créé le cabinet FIM Legacy, pour pouvoir répondre aux besoins de ceux qui souhaitent être accompagnés. Cela, à travers les formations et les programmes qu’on met en place pour pouvoir les aider à reprendre le contrôle sur leurs finances. C’est d’ailleurs le slogan de la SEI, reprendre le contrôle.

 

  • Quel lien existe-t-il entre épargne et investissement ?

Il existe des solutions dans lesquelles vous pouvez placer votre argent de sorte qu’il travaille pour vous. Avec ces solutions, vous gagnez doublement. Vous avez une première sécurité, parce que vous avez mis de l’argent de côté. Deuxièmement, cet argent mis de côté va vous permettre d’en avoir plus, sans vous impliquer dans la gestion. Chaque année, par exemple, l’État lance des obligations.On vous dit que le taux est de 6% ou 8%. Si vous achetez ces obligations, l’État est solvable. Sans être dans la gestion de cet argent, il vous rapporte chaque année plus que si vous l’aviez mis dans un compte d’épargne courant. Si vous faites cela sur 20 ans, la différence est énorme ;parce que là-bas, il va fonctionner dans ce qu’on appelle l’intérêt composé. Sur le long terme, vous allez gagner plus que ce que vous ne pensiez pas pouvoir économiser. J’ai vu des gens avec un investissement régulier mais constant de 25.000 FCFA par mois, qui ont réussi à se constituer un patrimoine de 75 millions au moment où ils partaient à la retraite. C’est exactement le cas si vous prenez quelqu’un qui a touché 250.000 FCFA comme salaire mensuel sur 30 ans. Il aura touché 90 millions durant sa carrière. Est-ce qu’avec 75 millions vous avez peur de partir à la retraite? C’est cette information qu’on essaie d’apporter aux gens pour dire que le styleet le niveau de vie qu’ils rêvent d’avoir, c’est possible.Mais pour y arriver, ça se planifie. Ce n’est pas de l’improvisation. On n’est pas dans « si Dieu le veut ».Il y a « Dieu le veut », certes, mais vous avez une part de responsabilité dans les actions à mettre en place aujourd’hui pour obtenir le résultat.

 

  • Concrètement, comment l’investissement peut-il aider à construire son avenir financier ?

Je vous donne l’exemple d’une femme, fonctionnaire en Côte d’Ivoire, qui a fait 35 ans de carrière. Je l’ai rencontréeà Abidjan, lors d’une formation sur l’investissement immobilier. Durant ses 35 années de carrière, elle avait une stratégie simple qui consistait à ne jamais travailler en ville.Elle a toujours préféré aller en province. Quand vous êtes fonctionnaires du même département, avec un même salaire, vous n’avez pas le même pouvoir d’achat selon la ville dans laquelle vous vivez. Les gens n’en ont pas conscience. Mais cette dameavait compris ça dès le départ. Elle a décidé que toute sa carrière, elle le ferait en dehors de la ville.

Cela lui permettait de dégager plus d’argent. Chaque année, elle avait un budget pour acheter de la terre. Au début de sa carrière, les terrains lui coûtaient 200.000 FCFA. Les plus chers ont été deux qu’elle a acquis à Abidjan à deux millions chacun. Quand elle finissait sa carrière, elle possédait 35 terrains. A trois ans de sa retraite, ne sachant quoi faire avec tous ces terrains, elle cherchait des solutions. C’est notre formateur en investissement immobilier qui l’a alors accompagné dans cette démarche. Ils ont vendu 25 terrains pour un total de 280 millions.

La dame voulait construire sur Abidjan parce qu’elle n’avait pas de maison. Il lui a été suggéré d’ériger sa maison sur l’un des deux terrains d’Abidjan et un immeuble de R+2 sur le deuxième qui avait un bon emplacement. La résidence a coûté 35 millions et l’immeuble, 180 millions. Des 280 millions obtenus grâce à la vente des terrains, il est resté 65 millions qu’elle a récupérés. L’emplacement de l’immeuble était tellement bienqu’il y avait des gens prêts à payer pour un an, deux ans d’avance avantmême que la construction soit achevée. Sur cet immeuble en construction, elle a donc collecté environ 58 millions. A quelques pas de la retraite, tout était au top pour la bonne dame. Mensuellement, l’immeuble rapporte, je crois, 3,5 millions FCFA ; parce qu’elle s’est fait accompagner par quelqu’un qui s’y connaissait et les opportunités sont arrivées. Cet exemple est une invite aux gens à penser au long terme.

  • Quelles peuvent être les conséquences d’une absence de l’épargne et de l’investissement ?

La première des conséquences est que vous vivez sous tension. Déjà, vous êtes stressé par le travail, et si vousvous stressez encore parce que vous n’avez pas d’argent, ce double stress est nuisible pour votre santé. L’épargne te donne un certain oxygène, en plus de vous permettre de sauvegarder votre dignité. Pour toute personne, il n’y a rien qui fait plus mal que de devoir aller supplier pour obtenir de l’aide. Ce n’est pas une chose facile. Combiner l’épargne et l’investissement te permet de pouvoir construire une certaine liberté financière. Quand je dis liberté financière, je dois préciser que l’argent n’a pas la même valeur pour chacun. L’un a besoin d’un milliard, l’autre a besoin de 50 millions et ça lui va parfaitement avec son style de vie. Les besoins n’étant pas les mêmes, il faut donc fixer cette liberté selon votre niveau de vie, selon ce que vous voulez vivre. C’est cela qui est important. Ce n’est pas regarder l’autre.C’est de définir ce que vous voulez et de construire votre avenir financier. Ne pas avoir d’épargne et d’investissement te conduira inévitablement vers une situation dramatique. Et la vie est ce qu’elle est, on ne sait jamais. Même un entrepreneur qui est prospère peut, du jour au lendemain, à cause de certains facteurs, se retrouver dans des difficultés. Mais que va-t-il se passer s’il n’a pas préparé cette éventualité !

  • « De l’épargne à la prospérité : bâtir aujourd’hui et transmettre demain », c’était le thème de la troisième édition de la SEI. Pourquoi le choix de ce thème ?

Ce thème parce nous travaillons à apporter des réponses aux problématiques que les gens rencontrent. La transmission est un problème que les gens rencontrent. On s’est dit qu’il pourrait être intéressant d’aborder cela pendant la SEI, pour montrer aux gens quels sont les leviers sur lesquels ils peuvent s’appuyer pour pouvoir déjà construire ce patrimoine et également comment préparer la transmission. Peut-être dans votre expérience personnelle, vous avez entendu ou lu sur les réseaux sociaux des familles qui s’entre-déchirent à cause de l’héritage. Pourquoi ?

Parce que très souvent, la transmission n’a pas été préparée. Un héritier se plaint parce que les autres ont vendu l’héritage sans l’informer et sans lui donner sa part, un acquéreur de terrain qui a acquis un terrain se rend compte que le certificat d’héréditén’a pas été bien fait, il y a un des frères qui a été floué et il se retrouve bloqué, sans son investissement, etc., ce sont des choses réelles qui se passent. Mais ça doit aussi permettre de lever un tabou. Quand on parle de transmission, les gens pensent qu’ils doivent mourir.Mais évidemment,la seule chose dont on est sûr c’est qu’on va tous partir. On ne sait pas quand, mais on va tous partir. Pour éviter donc que vos efforts deviennent source de tensions et de destruction de la famille, autant préparer les choses. Il y a des solutions qui existent et c’est ça qu’on a voulu partager avec nos concitoyens lors de la SEI.

  • Quelle appréciation faites-vous de cette édition ?

Déjà, c’est un satisfecit. Et cela, je le dois en premier au comité d’organisation, parce que je ne suis pas le seul. Les équipes ont fait un formidable boulot. Je remercie également l’ensemble des partenaires, notamment, les médias,qui nous ontdonné de la visibilité à l’évènement, les partenaires financiers qui nous ont permis de pouvoir gérer l’activité.

  • Quels enseignements tirez-vous de ce troisième rendez-vous ?

Le premier enseignement que je tire c’est que l’activité que nous sommes en train de mener a tout son sens. Quand j’ai vu l’interaction dans la salle, le fait que les gens sont restés samedi jusqu’à 18h parce qu’ils avaient soif de connaissance, pour moi, c’est la plus belle des réussites. L’autre enseignement, c’est de continuer les efforts pour que l’information arrive au plus grand nombre,parce que je pense qu’on peut encore toucher plus de personnes. Et c’est l’accent qu’on va mettre tout au long de l’année 2026 pour qu’en 2027, on puisse être plus nombreux.Et on a pris en compte les attentes des participants et des partenaires que nous allons améliorer.

  • Après trois éditions, la SEI se positionne comme un rendez-vous majeur sur l’épargne et l’investissement. Quel bilan global tirez-vous de ces trois années?

A la première édition, on a eu 7 partenaires, à la deuxième, on était à 19 et 28 à la troisième. C’est clair et net qu’il y a une confiance que les partenaires de l’écosystème financier accordent à l’activité qui, aujourd’hui, a assis une certaine crédibilité et une certaine notoriété auprès du grand public et des partenaires techniques et financiers. Et même auprès des institutions gouvernementales, parce que l’évènement figure dans les rapports du ministère de l’Economie et des Finances comme étant l’une des activités majeures au Burkina en faveur de l’éducation financière des populations. Et quand vous avez cette reconnaissance des autorités de tutelle, il n’y a pas grand-chose à dire si ce n’est de redoubler les efforts pour que notre mission qui est d’apporter les connaissances et vulgariser les compétences en matière de gestion d’argent au plus grand nombre puisse se poursuivre.

  • Quelle est votre plus grande satisfaction après ces trois éditions ?

Ma plus grande satisfaction, c’est la résilience de l’évènement. Parce que ce n’était pas évident qu’on puisse tenir ni la deuxième édition, ni la troisième. Pour vous dire vrai, même pour cette troisième édition, c’était tellement compliqué à un moment donné que les équipes de l’organisation se demandaient si on doit poursuivre. Mais au soir de l’activité, on est heureux que le pari ait été tenu. Il y a aussi une chose que l’on voulait réaliser depuis la première édition qui était la Cagnotte. Cela consiste à permettre à un des participants de repartir avec un compte d’investissement alimenté à hauteur de 200.000 FCFA pour débuter une carrière d’investisseur. Cette année, on a pu mettre en placecettecagnotte. Et comme quoi la nature fait bien les choses, la personne qui a remporté ce compte est une adolescente de 12 ans. Je pense que d’ici là, cette jeune fille pourra avoir un petit pactole qui luipermettra de résoudre pas mal de choses. Pour moi, c’est un autremotif de satisfaction.

  • A quand la quatrième édition de la SEI et comment la préparez-vous ?

La 4e édition se tiendra entre février et mars 2027, dépendant du carême. On ne veut pas tomber en plein dans le carême,parce que ça pourrait affecter l’activité,généralement, c’est une période où les gens sont moins actifs. On va donc préférer que cela soit avant ou après le carême.

Entretien réalisé par Béranger KABRE

 « On vit tous au-dessus de nos moyens »

Je vais dire quelque chose qui pourrait choquer, mais qui est une vérité. Et ce n’est pas propre au Burkina, même dans les pays développés, c’est le même constat. On vit tous au-dessus de nos moyens. Si vous prenez une feuille, que vous notez vos dépenses dans le mois, vous vous rendrez compte que vous avez dépensé plus que ce que vous avez gagné. La différence, vous l’avez peut-être financée avec un découvert, soit par du crédit. Cela veut dire que vous êtes parti prendre des choses que vous allez payer plus tard. Vous devez décider de vivre en appliquant cette règle de gestion qui dit que l’épargne ce n’est pas ce que vous mettez de côté, mais plutôt la partie du salaire qui vous appartient réellement, pour l’effort fourni durant toute une période. Quand votre salaire tombe, vous payez votre loyer, votre allocation, vos factures, etc. Mais à quel moment vous vous êtes payé ? La réponse à cette question est dans l’épargne. Personne ne doit toucher à ça. Ça change déjà ce que ça veut dire l’épargne. Ça veut dire que je paye tout le monde mais je me paye moi-même. Plus j’avance en âge, plus je perds en force. Mais quand je n’aurai plus la force de la jeunesse, qui va s’occuper de moi si je ne me suis pas payé pour préparer ce moment où je devrais peut-être payer quelqu’un pour s’occuper de moi? Rien qu’en mettant les choses dans cette perspective, vous voyez l’épargne autrement.

 

Filet ouvert

Qu’est-ce qui peut être fait pour que les populations adoptent une culture de l’épargne et de l’investissement ?

« Dans le passé, avant la colonisation, ces principes-là étaient intégrés dans notre éducation. Mais malheureusement, c’est quelque chose qu’on a perdu avec la colonisation. Parce qu’on s’est acculturé à une éducation occidentale qui a fait perdre nos racines sur beaucoup de valeurs. La preuve est que dans le temps, quand une femme accouchait, on offrait au nouveau-né une chèvre. C’était pourquoi? Le temps que l’enfant devienne majeur, cette chèvre allait constituer le troupeau qui allait permettre de financer son école, et même après, un fonds pour démarrer un commerce. Il y a derrière cela, de l’éducation financière, un investissement.

Aujourd’hui, il faut trouver d’autres solutions qui ressemblent à ça. Et ce sont ces solutions qu’offrent les banques, les microfinances, la bourse et autres. Pour que les populations puissent se familiariser à ces solutions, il faut leur enseigner les bonnes méthodes en matière de gestion, du financement personnel ; parce qu’on a perdu cette culture. Dans la tradition, ça existait et ça n’existe plus, à l’école, on ne nous l’enseigne pas non plus. Il faudrait qu’on trouve des moyens pour introduire des notions à l’école et qu’à côté, on puisse aussi créer des cabinets comme le nôtre, FIM Legacy, avec de bons praticiens. J’insiste sur la qualité des praticiens, parce que malheureusement, au Burkina, quand les gens voient quelque chose de nouveau, tout le monde saute dedans. Il faut prendre le temps de se former, maîtriser ce dont on parle et comprendre les vrais éléments dedans pour pouvoir accompagner les populations avec éthique », a expliqué Christophe Yaméogo, Coordinateur général du cabinet de conseil en éducation financière, investissement et gestion du patrimoine, FIM Legacy.

 

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