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Investissement d’impact: le Burkina Faso tisse sa toile

• A travers une Journée nationale

• Et la structuration de l’écosystème 

• Après des concertations menées par les acteurs

Dans un contexte de défis socioéconomiques pour le Burkina Faso, la finance est perçue comme un levier stratégique de transformation durable. Mais avec une approche nouvelle : l’investissement d’impact. Voilà tout le sens de la Journée nationale de l’investissement d’impact (JNII) dont la deuxième édition s’est tenue le 25 février 2026, à Ouagadougou. 

L’investissement d’impact se définit comme une approche d’investissement associant les actions publiques et privées et mobilisant des ressources endogènes et extérieures pour financer des projets d’impacts sociaux et environnementaux, en plus d’un rendement financier contribuant à la souveraineté nationale. Son implémentation au pays des Hommes intègres remonte à mai 2022, où un groupe d’acteurs de l’écosystème a lancé une taskforce nationale dédiée.  

Les travaux et concertations de cette taskforce ont abouti, en mai 2025, à la reconnaissance officielle d’Impact Investing Burkina Faso (IIBF) comme partenaire agréé du Global steering group for impact investment, (GSG impact), une organisation indépendante, globale et multisectorielle basée à Londres, au Royaume-Uni. 

Coorganisée par plusieurs institutions dont NERE Capital (structure hôte d’Impact investing Burkina Faso), Forthinvestment et l’Antenne nationale de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), la JNII vise à renforcer et à structurer l’écosystème de l’investissement d’impact au Faso. De façon spécifique, il s’agit, entre autres : d’échanger sur le cadre politique, institutionnel et règlementaire de ce type d’investissement au Burkina Faso ; de sensibiliser et de fédérer les acteurs institutionnels et les pouvoirs publics sur les enjeux, les opportunités y relatifs ; d’explorer les stratégies et sources de financements institutionnels et privés adaptées aux besoins des PME locales ; de réfléchir aux mécanismes, instruments et véhicules financiers adaptés au contexte national.

Des panels en lien avec ces objectifs spécifiques et la présentation d’un rapport d’étude cartographiant et analysant l’investissement d’impact au Burkina Faso ont constitué les temps forts de la deuxième édition de la JNII. Le rapport, présenté par l’expert Honoré Kietyeta, note que le Burkina Faso dispose déjà des bases règlementaires et institutionnelles. Selon lui, l’enjeu n’est donc pas de créer un nouveau cadre, mais de « structurer et d’opérationnaliser l’investissement d’impact comme un outil explicite de politique publique ». 

Pour l’expert, le pays enregistre déjà des acquis, notamment, la disponibilité de nombreux Systèmes financiers décentralisés (SFD), la mise en place de l’Agence nationale pour la promotion de la finance inclusive (ANPFI) qui permet d’accroître le refinancement des SFD et des Fonds nationaux. 

Qu’à cela ne tienne, l’investissement d’impact au Faso fait face à des contraintes, souligne Honoré Kietyeta. Parmi ces obstacles, une faible maturité des PME, un manque de financement pour l’assistance technique, des produits moins adaptés aux besoins des cibles, peu de plateformes électroniques pour les financements.

Pour le gouvernement burkinabè, l’investissement d’impact s’inscrit pleinement dans sa vision déclinée dans le plan RELANCE, nouveau référentiel national de développement. Ce référentiel, faut-il le rappeler, repose sur quatre piliers fondamentaux, à savoir : la consolidation de la sécurité, de la cohésion sociale et de la paix ; la refondation de l’État et l’amélioration de la gouvernance ; le développement du capital humain ; le développement des infrastructures et la transformation structurelle de l’économie. « Nous sommes convaincus que le développement durable de notre pays repose sur un partenariat solide entre l›État et le secteur privé. C›est pourquoi, depuis plusieurs années, le gouvernement organise des concertations régulières avec ce secteur, afin d’échanger sur sa contribution au développement socioéconomique du pays, d’identifier les contraintes structurelles et de trouver ensemble des solutions adaptées à nos réalités », a déclaré Gervier Bambara, Chargé de mission du ministre de l’Economie et des Finances et représentant ce dernier à la cérémonie d’ouverture de la JNII. Selon lui, la mise en place et le renforcement de plusieurs institutions dédiées à la promotion et au financement de l’investissement (dont l’Agence burkinabè des investissements et la Caisse des dépôts et d’investissements) illustrent cet engagement de l’Etat.o

BK

Des recommandations pour booster l’investissement d’impact au Faso

Le rapport d’étude présenté, lors de cette 2e édition, formule des recommandations aux différents acteurs de l’écosystème. Il suggère, notamment, aux institutions de régulation de reconnaître légalement les entreprises à impact pour flécher les financements ; à la présidence du Conseil des ministres de l’UEMOA d’influencer la BCEAO pour l’accès des PME aux financements ; aux structures de financement de déployer des fonds de garantie et de canaliser l’épargne vers des refinancements long terme et productifs. Les réflexions menées, lors des panels, ont également permis de dégager des pistes de solutions pour booster l’investissement d’impact au Burkina. Aïssa Bougma, spécialiste en marchés de capitaux, suggère, par exemple, une gouvernance transparente et qui mobilise tous les acteurs de l’écosystème. Le Directeur de Néré capital, Job Zongo, lui, a plaidé pour une définition des documents de gouvernance et la formation des acteurs pour une meilleure transition. Ces propositions ont été formulées en considérant différents critères de mesure de l’impact. Des critères qui se résument à la création d’emploi, la transformation locale des ressources et la réaction de valeur, l’alignement sur les normes internationales et le contexte national, etc.

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