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Economie burkinabè: production minière, véritable moteur de croissance en 2025

• Plus de 52 tonnes d’or vendues pour plus de 2.600 milliards FCFA

• Une balance commerciale excédentaire “historique”

• Des exportations totales de plus de 5.500 milliards FCFA

A sa prise de pouvoir le 30 septembre 2022, certains Burkinabè émettaient des craintes au président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, à bien manœuvrer le secteur économique, tant la crise sécuritaire a produit de nombreux impacts perceptibles sur la vie économique. Mais trois ans après, ces craintes ont commencé à se dissiper.

Mieux, des institutions financières internationales telles que le Groupe de la banque mondiale confirment la résilience de l’économie burkinabè sous son leadership. Cette résilience de l’économie burkinabè est en pleine croissance. Cette croissance a été confirmée par la note de conjoncture économique de la Direction générale de l’économie et de la planification (DGEP), publiée en fin décembre 2025. Il ressort dudit rapport que la croissance économique est attendue à 6,3% en 2025, après 4,8% en 2024.

Elle a été révisée à la hausse de 0,3 point de pourcentage, comparativement aux prévisions de mars 2025. Cette révision reflète, notamment, les performances soutenues du sous-secteur minier non industriel. La croissance est tirée par l’ensemble des secteurs. Ainsi, le secteur primaire y contribuerait pour 0,6 point de pourcentage, le secteur tertiaire pour 2,4 points et le secteur secondaire pour 3,3 points. En perspective, la croissance économique est projetée à 6,6% en 2026. En plus d’avoir permis à l’économie burkinabè de rebondir et d’être en pleine croissance, le gouvernement actuel a réalisé un exploit, celui de permettre à l’économie burkinabè de réaliser pour une “première” un excédent commercial. Le rapport de la DGEP mentionne qu’à fin novembre 2025, la balance commerciale a enregistré un excédent substantiel de 1.630,3 milliards FCFA, contre un déficit de 466,7 milliards FCFA à fin novembre 2024, soit une amélioration de 2.097,0 milliards FCFA.

D’après ces spécialistes de l’économie burkinabè, cette amélioration est la résultante d’une croissance des exportations (+89,4%) nettement supérieure à celle des importations (+15,7%).Cette dynamique favorable aux exportations a porté le taux de couverture des importations par les exportations à 141,4% à fin novembre 2025, en progression de 55,0 points de pourcentage sur un an. Cet excédent commercial a été principalement favorisé par l’or, premier produit d’exportation du Burkina Faso depuis 2009. Il ressort qu’à fin novembre 2025, la production industrielle d’or s’affiche à 46,321 tonnes, affichant une baisse de 2,9%, comparativement à fin novembre 2024.

Pour le seul mois de novembre 2025, la production se situe à 4,462 tonnes, en baisse de 10,2% sur un an. Sur une prévision annuelle révisée de 52,706 tonnes en 2025, le taux de réalisation à fin novembre s’établit à 87,9%. Cette performance est principalement tirée par les ventes d’or brut, qui augmentent de 2.627,5 milliards FCFA (+106,1%), une dynamique expliquée, notamment, par la hausse du cours de l’once sur les marchés internationaux.

En plus de la vente d’or industriel, une bonne progression a été enregistrée avec la vente des noix de cajou d’un montant de 79,7 milliards FCFA (+133,5%) et de celle des graines de sésame de 21,2 milliards FCFA (+62,9%). Quant aux exportations de coton, elles sont en recul de 63,7 milliards FCFA (-40,6%). A fin novembre 2025, la structure des exportations confirme la prédominance accrue des produits miniers dont la part atteint 91,7% de la valeur totale, en progression de 7,3 points de pourcentage sur un an. Le deuxième poste est constitué des produits primaires, représentant une part de 6,3%, en baisse de 4,6 points sur un an. Enfin, la part des produits transformés reste faible à 2,1%, reculant de 2,7 points par rapport à fin novembre 2024. Les rédacteurs du rapport révèlent qu’à fin novembre 2025, les exportations totales de biens s’élèvent à 5 572,8 milliards FCFA, affichant une hausse annuelle de 89,4%.

Le secteur du tourisme et de l’hôtellerie s’est bien comporté

Le rapport martèle qu’en plus de l’or qui a tiré l’économie burkinabè en 2025, le secteur du tourisme et de l’hôtellerie maintient sa dynamique de reprise pour le troisième mois consécutif. En novembre 2025, les arrivées ont progressé de 3,2% pour s’établir à 57 839 touristes. Les nuitées ont augmenté de 2,4% pour se situer à 128 802. Quant aux recettes, elles sont en hausse de 5,6% pour ressortir à 7,8 milliards FCFA. Comparativement à novembre 2024, les arrivées croissent de 13,7%, les nuitées de 25,1% et les recettes touristiques de 39,0%.

Les importations

Le Burkina Faso n’a pas fait que vendre des biens et services, il a aussi acheté des produits de consommation. A ce niveau, le document de la DGEP renseigne que le pays a augmenté ses achats de biens d’équipement, notamment des machines électriques (+25,5%) et mécaniques (+24,6%), ainsi que de biens intermédiaires, avec une hausse marquée de 25,8% pour les acquisitions de fer, fonte, acier et ouvrages en ces métaux. Il est observé également une forte hausse des importations d’engrais et de matériaux de construction (clinker), respectivement de 155,4% et de 20,9%. Les approvisionnements en produits pharmaceutiques affichent une légère progression de 1,4%, tandis que ceux en produits pétroliers (raffinés) baissent de 2,5%. A fin novembre 2025, les importations de biens restent majoritairement composées de biens de consommation. Bien que leur part ait reculé de 5,6 points de pourcentage sur un an, ils représentent 64,0% de la valeur des importations. En revanche, la part des biens intermédiaires augmente significativement de 4,4 points de pourcentage pour atteindre 19,2% et celle des biens d’équipement s’est établie à 16,9%, en augmentation de 1,2 point de pourcentage. Les importations de biens s’établissent à 3.942,5 milliards FCFA à fin novembre 2025, en augmentation de 15,7% sur un an.

L’inflation est passée de 4,2% en 2024 à 1,8% en 2025

Quid de l’inflation ? L’inflation ralentirait pour se situer à 1,8% en 2025, après 4,2% en 2024. Ce ralentissement s’expliquerait principalement par la bonne performance de la campagne agricole 2024/2025, ainsi que par la poursuite des mesures gouvernementales visant à contrôler les prix des produits de grande consommation. S’agissant de l’inflation en moyenne annuelle, sous l’hypothèse d’une bonne campagne agricole, de l’amélioration de la situation sécuritaire nationale, de la poursuite des mesures gouvernementales de lutte contre  la vie chère, elle se situerait à 3,3°/o, en baisse de 0,9 point de pourcentage par rapport à 2024.o

Ambéternifa Crépin SOMDA

Le PIB nominal s’établit à 16.348,5 milliards FCFA en 2025

Le secteur secondairecontribue à la croissance du PIB à hauteur de 3,3 points de pourcentage, le secteur tertiaire (y compris impôts et taxes nets sur les produits) de 2,4 points de pourcentage et le secteur primaire de 0,6 point de pourcentage. Le Produit intérieur brut nominal s’établit à 1.6348,5 milliards FCFA en 2025, contre 1.4012,8 milliards FCFA en 2024.

 

La masse monétaire en 2025 ?

A fin octobre 2025, la masse monétaire s’élève à 6.523,5 milliards FCFA, en augmentation de 591,3 milliards FCFA (+10,0%) par rapport à fin décembre 2024. Cette progression est portée par la hausse des dépôts auprès des banques de 464,9 milliards FCFA (+9,9%) et par la circulation fiduciaire de 126,4 milliards FCFA (+10,1%). Du côté de ses contreparties, la progression de la masse monétaire se reflète principalement dans les actifs extérieurs nets, qui enregistrent une hausse de 612,9 milliards FCFA (+29,5%), les créances intérieures ayant enregistré une progression moindre de 29,5 milliards FCFA, correspondant à +0,6%. Comparativement à fin octobre 2024, la masse monétaire est en hausse de 565,3 milliards FCFA (+9,5%). Cette évolution résulte essentiellement de la forte progression de la circulation fiduciaire de 336,6 milliards FCFA (+32,2%). Suivant ses contreparties, l’expansion de la masse monétaire est expliquée principalement par la progression des actifs extérieurs nets de 780,7 milliards FCFA (+40,9%).

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