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Souveraineté alimentaire: entre acquis et perspectives

• « Un objectif majeur » pour le gouvernement

• Une initiative présidentielle et une offensive agropastorale

• Plusieurs structures pour enrayer les entraves

Face aux Députés, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, dit comprendre la difficulté d’accepter que l’autosuffisance alimentaire ne soit pas encore effective dans notre pays, alors que le secteur primaire occupe 82% de notre population et constitue la principale activité́ économique. « La souveraineté́ alimentaire, symbole d’une indépendance réelle, est pour nous un objectif majeur », a-t-il indiqué. Pour atteindre cet « objectif majeur », le chef de l’Etat a engagé́ l’initiative présidentielle pour la production agricole, et le département en charge de l’agriculture a élaboré un plan opérationnel pour la souveraineté alimentaire et la création d’emplois décents dans le secteur agropastoral, dénommé « Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 ».

La création de l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH) vise une meilleure maîtrise de l’eau. (Ph: Yvan SAMA)

L’initiative présidentielle sera consolidée et intensifiée d’année en année, afin qu’elle puisse contribuer, dans un bref délai, à la souveraineté́ alimentaire du pays. Les deux premières années de mise en œuvre de l’Offensive donnent déjà des résultats très satisfaisants. Ce plan de 592 milliards FCFA permettra au Burkina Faso d’amorcer sa souveraineté alimentaire et la création de milliers d’emplois décents dans le secteur agropastoral. Cette Offensive requiert la mobilisation de ressources publiques et une forte contribution du secteur privé pour produire des millions de tonnes de riz, de maïs, renouveler des superficies de vergers, relancer la production de blé et l’élevage. Basée sur un modèle économique simple et pragmatique, producteurs, Forces de défense et de sécurité (FDS), Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), détenus, personnes déplacées internes (PDI) et transformateurs ont été mobilisés et engagés pour l’atteinte des objectifs de cette initiative volontariste.
Les actions menées dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique ont permis d’accroître et de réhabiliter les aménagements agricoles, d’étendre les quantités de fertilisants, de semences améliorées, de matériels agricoles mis à la disposition des producteurs à prix subventionné. Au cours de la campagne agricole écoulée, quarante-huit mille six cent (48.600) hectares ont été́ emblavés gratuitement au profit d’agriculteurs, grâce à des centaines de tracteurs acquis par l’Etat. Tous ces efforts conjugués ont permis une production record de plus de 6 millions de tonnes de céréales enregistrées au cours de la campagne agricole écoulée, contre 5 millions de tonnes la campagne précédente. En faveur de la production animale, des noyaux reproducteurs de volaille et de petits ruminants ont été́ distribués aux éleveurs. Au total, 36.000.000 de têtes de volaille, de bovins et de caprins ont été́ vaccinées contre les maladies courantes. En vue de redynamiser la production halieutique, la fabrication et l’installation de cages flottantes dans les étangs d’eau, ainsi que la production d’alevins ont été́ accrues au profit des exploitants.
Moumouni SIMPORE

Encadré

La création de sociétés et structures à défis

Les entraves à la souveraineté́ alimentaire sont connues. Ce sont, entre autres, l’insuffisance des infrastructures de retenue d’eau, la faible mécanisation de la production agrosylvopastorale, le faible niveau de transformation des produits alimentaires locaux, l’accès difficile aux marchés, aux financements et aux intrants, l’insécurité́ foncière, le coût élevé́ des aliments de bétail et de poisson. Pour y remédier, le gouvernement a procédé à la mise en place de plusieurs sociétés et structures: le Fonds « Dumu Kafa » pour améliorer l’accès des producteurs aux crédits ; la Société́ burkinabè̀ des intrants et matériels agropastoraux (SOBIMAP) ; la Centrale d’achat des médicaments vétérinaires (CAMVET) et le Centre de perfectionnement et de multiplication des animaux performants (CPAMAP) ; les sociétés « Faso Guùlgo » et « Faso Kossam », en vue d’accroître la production d’aliments de bétail et de redynamiser le secteur de la production de lait ; l’Office national des barrages et des aménagements hydroagricoles (ONBAH) pour accompagner les efforts de l’Etat dans la construction et la réhabilitation de barrages hydroagricoles.

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