
• 3,6 milliards d’économies sur le téléphone et les baux administratifs
• Plus de 30.000 acteurs contrôlés
• Sur les pratiques de prix illicites
Le gouvernement burkinabè a pris des mesures drastiques pour réduire le train de vie de l’État et lutter contre la fraude. Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présenté ces efforts, lors de son exposé sur la situation de la Nation, ce 14 mars 2025. Devant les Députés de l’Assemblée législative de transition (ALT), le PM a rassuré sur le fait que la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption constituent une dimension importante de l’action gouvernementale. « Les dossiers pendants en Justice, la fraude et toutes les formes de pratiques illicites, l’incivisme tant décrié́, la corruption sont des sujets qui ont fait l’objet d’une attention soutenue du gouvernement », a-t-il expliqué.
Des économies et une réduction du déficit budgétaire
Dans le cadre de la réduction des dépenses improductives de l’Etat, des mesures ont été́ engagées pour assainir le parc téléphonique de l’Etat et les baux administratifs. Ces mesures ont permis d’économiser environ 3,65 milliards FCFA, selon les explications du Premier ministre.
Par ailleurs, la sauvegarde des intérêts de l’Etat a connu des résultats satisfaisants. Les interventions de l’Agence judiciaire de l’Etat ont permis le recouvrement de 3,181 milliards FCFA de recettes, tout en évitant des condamnations d’un montant de près de 36,85 milliards FCFA.
Les nombreux efforts consentis par les régies de recettes ont permis de recouvrer, au titre du Budget de l’Etat, la somme de 2.769 milliards FCFA, soit une hausse de 216 milliards FCFA, comparativement à 2023. Les efforts en la matière ont permis de porter le ratio des recettes fiscales sur le PIB de 17,8% en 2023 à 19,3% en 2024, constituant le meilleur taux de l’espace UEMOA. « Cela a été́ rendu possible grâce à la modernisation des processus de recouvrement et l’élargissement de l’assiette fiscale », a affirmé Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
L’amélioration des recettes fiscales, combinée avec la réduction du train de vie de l’Etat, a permis de réduire le déficit budgétaire de 6,70 % en 2023 à 6,11% en 2024. A fin décembre 2024, le pays affichait un taux de croissance de 5,1%, contre 3,6% à fin 2023. « Le gouvernement veillera à un partage des fruits de la croissance en faveur des populations les plus démunies, à travers un programme social porté par les initiatives présidentielles », a soutenu le Premier ministre, devant les Députés.
Les audits et contrôles ont porté des fruits
Durant 2024, les actions du gouvernement ne se sont pas arrêtées à la réduction du train de vie de l’Etat. La lutte contre la fraude, le faux et la corruption a fait partie des actions phares du gouvernement. Dans ce cadre, les principales actions mises en œuvre ont porté́ sur
des enquêtes relatives aux flux financiers illicites dans le domaine minier, l’assainissement du marché́ intérieur, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, l’audit des ministères, des institutions, des Projets et Programmes de développement, des Sociétés d’Etat et des Etablissements publics de l’Etat.
Ainsi, 378 entreprises ont été́ contrôlées sur l’application de la règlementation en matière douanière, fiscale, commerciale et environnementale ;
1.436 sorties-terrain ont été́ effectuées sur le contrôle de la régularité́, de la détention et de la destination des marchandises en circulation ou en transit ;
127 ministères, institutions, entreprises et Etablissements publics de l’Etat, Projets et Programmes de développement, juridictions et établissements pénitentiaires ont été́ audites.
L’intensification des contrôles, de la lutte contre la fraude, le faux et les pratiques commerciales contraires à la règlementation ont permis :
• la saisie de 160 tonnes de médicaments prohibés,
• 6.200 tonnes de stupéfiants, plus de 56 kilogrammes d’or.
Ces contrôles ont aussi permis la saisie de matériel de sécurité́, d’armes, de munitions et d’explosifs d’une valeur globale de plus de 5 milliards FCFA.
Les contrôles économiques et la vérification des procédures d’importation et d’exportation ont été́ également renforcés. Ainsi, plus de 30.000 acteurs ont été́ contrôlés sur les pratiques de prix illicites et 439 entreprises industrielles sur l’application de la règlementation en matière de commerce et d’industrie.o
NK
Encdré
Dysfonctionnement de l’appareil judiciaire: retour sur les mesures de correction
Dans son exposé sur la situation de la Nation, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo est revenu sur les mesures prises, afin de corriger les dysfonctionnements de l’appareil judiciaire. « Le coût d’accès à la justice, la complexité́ et la longue durée des procédures judiciaires ne doivent plus faire passer la justice pour un luxe et donc une affaire de riches. C’est ainsi que des réformes courageuses et souveraines ont été́ opérées », a-t-il poursuivi. Et de citer, entre autres actions : l’élargissement de l’accès des populations à la justice, en procédant à la réouverture des Tribunaux de Grande instance de Bogandé et de Tougan, et en apportant une assistance judiciaire à près de 1.700 personnes indigentes et en organisant les opérations casiers vides au niveau des Tribunaux de Grande instance Ouaga I et de Bobo-Dioulasso.
Cette opération dite casiers vides a permis de juger au total 1.682 dossiers à Ouagadougou, sur un ensemble de 1.886 dossiers initialement enrôles. A Bobo-Dioulasso, 1.024 dossiers ont été́ jugés, sur une prévision de 1.088.
« L’ouverture du Conseil supérieur de la magistrature à 50% de membres non magistrats et l’adoption de la loi relative à l’administration du travail d’intérêt général, permettant à notre système judiciaire d’instituer des peines alternatives à la prison, afin de diminuer la surpopulation carcérale et faciliter l’intégration sociale des condamnés constituent, entre autres, les réformes majeures qui ont été́ opérées », a conclu le Premier ministre sur ce point.